Mon histoire est peut-être banale, mais j’aimerais vous la raconter parce que j’ai enfin trouvé un côté positif à ma condition de personne vivant avec le VIH/Sida.Lorsque j’ai appris que j’étais atteint, la seule porte de sortie qui se soit présentée à moi a été de chercher une forme ou une façon de vivre différente de celle que je menais avant le diagnostic. Jusque là, j’avais toujours considéré que tout ce qui est philosophique, magique, spirituel, etc. était en fait une façon de fuir la réalité des besoins quotidiens de la vie. Mais depuis que j’ai contracté le virus, j’ai quelque peu changé d’opinion.
Voici ce que je retiens de mon voyage intérieur et de ma quête spirituelle.
Au début, on ne peut pas dire que ma foi était très présente. Mais quand je suis tombé malade, j’ai senti qu’il fallait vraiment qu’elle me secoure. Devant mon corps condamné, mon esprit était peut-être la seule chance de réussir ce qu’il me restait de vie.
J’ai commencé ma démarche par des rencontres de groupes d’entraide comme les AA et les VIH/A. Au fil de ces rencontres, à force d’écouter les messages d’espoir et de rétablissement, le désir de me libérer par l’intérieur s’est manifesté en moi, c’est-à-dire d’ouvrir la porte à tout ce qui permet à l’être humain d’évoluer spirituellement, de se perfectionner moralement, de découvrir les raisons de sa présence sur terre et de développer son potentiel de créativité.
J’ai d’abord pris conscience que la société d’aujourd’hui repose sur des valeurs matérialistes qui favorisaient mon égoïsme et m’éloignaient de ma vraie nature. Alors, le premier pas essentiel a été de me reconnecter au monde spirituel afin que mon esprit participe à tous les aspects de la vie humaine. Il me semble que chaque individu doit pouvoir cultiver sa spiritualité et accéder à des connaissances plus universelles, et ce, en toute liberté, en-dehors de toute considération politique ou religieuse.
Pour ma part, les résultats n’ont pas été faciles à obtenir, car chaque effort impliquait une décision qui soit prise consciemment et qui réponde à mon besoin intérieur de partager et de donner. Pour devenir mon propre arbitre et affermir ma volonté, il m’a fallu parfois me déconditionner des enseignements et me détacher des influences extérieures afin de manifester ce que je désirais vraiment et développer une pensée qui soit reliée à mon cœur et à ma spiritualité.
À mon avis, tous les humains ont besoin d’établir la paix dans leur cœur et de se révéler tels qu’ils sont, et je souhaite que cette pensée du cœur unie à la spiritualité puisse s’exprimer pleinement dans une société qui reflétera davantage nos valeurs profondes. Quant à moi, cette démarche ne me guérira peut-être pas de la maladie du sida mais elle me permet de la vivre heureux à Saint-Calixte.
Sylvain Langlois